Le 19 juillet 2013 (le même jour que le parhélie), malgré des températures inférieures à -25 °C, je suis allé faire un tour du côté de la manchotière, dont voici quelques photos.
Base antarctique Dumont d'Urvillle - 26 juillet 2013, 20h15
Pression atmosphérique 978.1 hPa Température -18.0 °C Température du point de rosée -23.2 °C Humidité relative 64 % Windchill (température ressentie) -24.5
Vent -Direction 110° (E) -Vitesse moyenne 2.6 m/s (9.4 km/h) -Vitesse max 3.4 m/s (12.2 km/h)
Observation à 9h TU -Visibilité 40 000 m -Nébulosité totale 7/8 -5/8 d'altocumulus à 2800 m -4/8 de cirrus à 8000 m
Depuis le 21 juin, la durée du jour recommence à augmenter. Le Soleil reste cependant bas sur l'horizon nord, où se situe souvent une barre de nuages.
Celle-ci nous a permis hier d'admirer un magnifique parhélie, le plus brillant que j'ai jamais vu pour ma part, pendant environ 20 minutes.
Il s'agit d'un phénomène optique lié à celui du halo (bien que celui-ci ne soit pas nécessairement visible), et qui nécessite donc la présence de nuages composés de cristaux de glace.
Le phénomène se traduit principalement par l'apparition de deux images lumineuses de chaque côté du Soleil, sur une ligne parallèle à l'horizon appelé cercle parhélique, à une distance angulaire de 22°.
Ces deux image sont comme le halo colorées avec le rouge à l'intérieur et le bleu à l'extérieur.
La version HDR.
Zoom.
Base antarctique Dumont d'Urvillle - 20 juillet 2013, 16h39
Pression atmosphérique 979.7 hPa Température -25.6 °C Température du point de rosée -29.0 °C Humidité relative 73 % Windchill (température ressentie) -32.0
Vent -Direction 250° (O) -Vitesse moyenne 1.9 m/s (6.8 km/h) -Vitesse max 2.3 m/s (8.3 km/h)
Observation à 6h TU -Visibilité 9000 m -Nébulosité totale 8/8 -8/8 de stratocumulus à 600 m
Le 28 juin 2013, le temps étant dégagé, j'ai effectué une sortie de 8 km sur la banquise en direction des icebergs situés dans le prolongement du glacier de l'Astrolabe.
Malgré le rythme soutenu imposé par la nécessité de revenir avant qu'il n'y ait trop peu de lumière, j'ai pu prendre quelques photos.
Base antarctique Dumont d'Urvillle - 30 juin 2013, 17h43
Pression atmosphérique 984.9 hPa Température -16.9 °C Température du point de rosée -25.8 °C Humidité relative 46 % Windchill (température ressentie) -31.3 °C
Vent -Direction 110° (E) -Vitesse moyenne 14.2 m/s (51.1 km/h) -Vitesse max 19.2 m/s (69.1 km/h)
Observation à 6h TU -Visibilité 10 000 m -Nébulosité totale 0/8
Le 7 juin 2013, avec le passage d'une dépression creusée à 934 hPa, la base antarctique Dumont d'Urville a mesuré un nouveau record de vitesse de vent pour un mois de juin.
La vitesse instantanée maximale, atteinte à 00h59, a été de 61.3 m/s (220.7 km/h). Le vent moyen sur 10 minutes était alors de 36.3 m/s (130.7 km/h) et la direction de 110° (SE). Le précédent record était de 61 m/s (219.6 km/h), enregistré le 29 juin 1996.
A cause de cette rafale, les ailettes de l'anémomètre ont été emportées et la mesure de vent perdue. Le vent maximal atteint lors de cette tempête est donc inconnu, le plus fort s'étant produit vers entre 2h et 3h.
Inutile de dire que lors de cette nuit peu ont bien dormi, entre le bruit du vent et les secousses du bâtiment.
Dès que possible je devrais monter au mât vent de 10 m pour mettre de nouvelles ailettes à l'anémomètre (l'électronique fonctionne toujours). Mais ce ne sera pas avant la semaine prochaine, le travail en hauteur nécessitant un vent inférieur à 50 km/h en rafales pour des raisons de sécurité.
Base antarctique Dumont d'Urvillle - 7 juin 2013, 20h05
Pression atmosphérique 955.5 hPa Température -8.5 °C Température du point de rosée -9.8 °C Humidité relative 90 % Windchill (température ressentie) non calculable (pas de données vent)
Le 26 mai 2013, suite à une période de ciel clair associé à un vent orienté au sud, la base antarctique Dumont d'Urville a mesuré un nouveau record de température minimale pour un mois de mai.
La température atteinte à 22h46 a été de -32.5 °C. Le précédent record était de -32.3 °C, enregistré le 31 mai 1964.
Base antarctique Dumont d'Urvillle - 29 mai 2013, 19h04
Pression atmosphérique 987.5 hPa Température -19.5 °C Température du point de rosée -27.3 °C Humidité relative 50 % Windchill (température ressentie) -25.2
Vent -Direction 60 ° (NE) -Vitesse moyenne 2.0 m/s (7.2 km/h) -Vitesse max 3.0 m/s (10.8 km/h)
Observation à 9h TU -Visibilité 25 000 m -Nébulosité totale 7/8 -3/8 d'altocumulus à 2500 m -7/8 de cirrus à 6000 m
Comme partout ailleurs sur Terre, une partie du ciel de la base antarctique Dumont d'Urville est circumpolaire (littéralement: "autour du pôle"). C'est à dire que les objets du ciel situés dans cette région ne disparaissent jamais sous l'horizon.
Pour savoir si un objet est circumpolaire, il suffit de connaître sa déclinaison, qui est sa latitude céleste. Celle-ci doit être comparée à un angle limite. Pour un lieu de latitude géographique phi (négative dans l'hémisphère sud, positive dans l'hémisphère nord), cet angle limite est de :
90-phi dans l'hémisphère nord
-90-phi dans l'hémisphère sud.
Au niveau des pôles c'est donc le ciel entier qui est circumpolaire, tandis qu'à l'équateur seuls les 2 pôles le sont, au ras de l'horizon.
Pour la base antarctique Dumont d'Urville, située à la latitude géographique phi=-66°40', la déclinaison maximale que doit avoir un objet céleste pour pouvoir être circumpolaire est donc de -90°-(-66°40')= -23°20' (toutes les régions situées dans la région en vert). Cela regroupe donc par exemple les constellations du Centaure, du Loup, la majeure partie du Scorpion et du Sagittaire, toutes les constellations liées au bateau Argos (les Voiles, la Carène, la Poupe)...qui étaient déjà connues dans l'antiquité, car déjà observable depuis les latitudes européennes. Mais les régions situées près du pôle céleste sud n'ont été connues que tardivement, suites aux expéditions maritimes vers l'hémisphère sud. Elles ont donc des noms qui n'ont rien de mythologiques : ce sont l'Octant, la Table, le Réticule, le Triangle Austral, le Microscope, le Télescope, la Machine Pneumatique... Des constellations australes qui pour beaucoup ont été inventées par l'astronome français Nicolas Louis de Lacaille (1713-1762), lors de son séjour au Cap.
Aux alentours du solstice d'été (21 décembre dans l'hémisphère sud), la déclinaison du Soleil passe cet angle limite (elle atteint -23°27' au maximum, 23°27' étant également l'inclinaison de la Terre) et devient par conséquent circumpolaire. C'est alors le fameux "Soleil de minuit". Plus l'on se rapproche des pôles, plus la période où le Soleil est circumpolaire est longue: de quelques jours au niveau du cercle polaire (à 66°33', donc très près d'ici) à 6 mois au pôle même.
Le timelapse suivant a été réalisé sur 3h, durée maximale de la batterie de l'appareil photo. Il s'agit d'une série d'images prises avec un objectif 18 mm ouvert à 3.5, un temps de pose de 25s et une sensibilité de 6400 ISO . Un temps d'attente de 2s a été laissé entre chaque photo pour l'enregistrement des fichiers. Le logiciel StarMax permet ensuite la superposition des photos pour laisser apparaître les trainées.
Grâce à cela, on peut mettre en évidence la rotation terrestre et la position du pôle céleste sud. On constate ainsi que dans l'hémisphère sud, il n'y a pas d'équivalent de l'étoile Polaire. La plus proche étoile, Sigma de l'Octant, se situe certes à moins d'un degré du pôle céleste sud, mais avec sa magnitude de 5.45, elle est aux limites des capacités de l’œil humain (en moyenne capable de voir jusqu'à la magnitude 6).
Cependant cette situation n'est que temporaire au fur et à mesure que l'axe de la Terre effectue sa rotation de précession (un mouvement de rotation comparable à celui de l'axe d'une toupie, d'une durée de 24 800 ans).
Vers l'an 8060 il passera à 36' de la brillante Aspidiske (Iota de la
Carène, de magnitude 2.2), soit à peine plus que le diamètre apparent de
la Lune.
Et vers l'an 9200 ce sera le tour de delta des Voiles, encore plus brillante, de magnitude 1.95. Dans le même temps, dans l'hémisphère nord, alpha de la Petite Ourse finira par ne plus mériter son nom de Polaris.
Voici l'image prise au début du timelapse. On y voit parfaitement les Nuages de Magellan, deux petites galaxies irrégulières situées en orbite autour de la Voie Lactée. Ceux-ci sont visibles à l’œil nu.
La version légendée.
La dernière image, 3h plus tard.
La version légendée.
L'addition de toutes les images.On remarque la présence de la trace d'une étoile filante (en bas, légèrement à droite du centre) et d'un satellite en orbite quasi polaire (en haut).
Base antarctique Dumont d'Urvillle - 13 mai 2013, 16h47
Pression atmosphérique 990.3 hPa Température -24.8 °C Température du point de rosée -20.8 °C Humidité relative 49 % Windchill (température ressentie) -36.2
Vent -Direction 080 ° (E) -Vitesse moyenne 5.2 m/s (18.7 km/h) -Vitesse max 7.5 m/s (27.0 km/h)
Observation à 12h TU -Visibilité 15 000 m -Nébulosité totale 1/8 -1/8 de cirrus à 6000 m